en français

Une cour intérieure

A gauche j’ai une âme.
Ma main droite porte, sur la paume,
un tatouage du plan

d’une cathédrale de mots,
une foule qui se presse et se replie.

Je dois cacher mon visage.

Les bruits qui baignent ma promenade
montent en rampant comme des serpents.

On raconte.
Nous n’entendons pas.

Des talons claquent,
entre mes mains
pousse un récif.

Des pieds se détachent de la terre.

L’on déplace des pots, et des cartons
contenant l’histoire d’un homme
qui laissa son animal pour une valise,

une femme qui en vidant son seau
déversa une partie d’elle-même

et des pas comme des cordes,
un escalier étroit,
le couloir qui nous chasse vers le haut,

la bouche qui s’ouvre comme une coupole,
mon jardin, froid et importun.

Chaque danger est déposé
comme un chien mort.

Je martèle des escaliers dans ma peau.
L’ombre surtout est chaude ici.

(traduction par Kim Andringa)

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Révolution XVI

C’est un mystère pourquoi ce soleil
nous surplombe toujours, ce blanc

qui fait larmoyer chaque œil en nous.

Là-haut dans la montagne
se dresse la palanque luisante.

Ce ne sont pas les tracas,
ce n’est pas la trouée dans la glace.

Ce ne sont pas les yeux, ce n’est
pas la main, le corps, la

fin.

Elle appelle cela un jour.
Elle sillonne polders et terres boisées.

(traduction par Kim Andringa)

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